Esthétique musicale du péan à travers l’exemple des Hymnes delphiques à Apollon

TitleEsthétique musicale du péan à travers l’exemple des Hymnes delphiques à Apollon
Publication TypeBook Chapter
Year of Publication2001
AuthorsBélis, A
EditorBrulé, P, Vendries, C
Book TitleChanter les dieux: musique et religion dans l’Antiquité grecque et romaine
Pagination97-114
PublisherPresses Universitaires de Rennes
CityRennes
ISBN9782868475985
Abstract

Parmi les trop rares partitions antiques, les deux péans à Apollon inscrits sur la face sud du Trésor des Aténiens à Delphes, découverts à partir de 1893, restent à ce jour les plus complètes et les plus étendues. Composées en 128 av. J.-C. par deux Technites dionysiaques athéniens, ce sont elles qui nous renseignent le mieux sur ce qu'était à cette date le péan en tant que genre musical. Le but de cet exposé est de les étudier comme tels, non sans les avoir auparavant examinés en tant que documents épigraphiques. L'étude de quelques exemples, mélodiques et rythmiques (recherche des brèves chez Athénaios, sauts d'intervalles considérables, mots-mesures etc.) révèle que l'écriture musicale des deux pièces est le fait de compositeurs aussi savants qu'inventifs, dont l'expressivité est en partie celle du fameux nome pythique.
Ce qui est sûr,c'est que ces deux partitions, d'une difficulté redoutable, ont été conçues pour être chantées par de véritables athlètes de la voix et jouées par des instrumentes de très haut niveau. Les deux enseignements à retenir de la lecture et de l'écoute de ces partitions, c'est d'abord que la rythmique des Grecs avait ses raisons que la métrique ne connaissait pas. C'est d'autre part, qu'en perdant la musique d'œuvres des λυρικοί grecs, telles que les pèans, les odes ou les dithyrambes, peut-être est-ce l'âme même de ces œuvres que nous avons perdue. [Résumé, 114]